Les petites filles

compagnie La Raffinerie - Marion Pellissier

Nous les avions accueilli en 2017, en amont de l’écriture du texte, dans le cadre de rencontres inter-compagnies avec la compagnie Vol Plané afin d’éprouver au plateau quelques postulats de cette fiction anticipatrice. Au cours de la saison 2017-2018 nous avons pu découvrir, toujours dans l’Usine de la Gare Franche, le texte abouti. Marion Pellissier et son équipe reviennent cette saison pour la dernière ligne droite de leur prochaine création Les petites filles : en septembre, ils tournent les images du spectacle et se retrouvent sur le plateau au mois de février 2019.

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présentation

« Six femmes enfermées dans une prison autogérée, observées afin que d’autres jugent leur personnalité sociale et rendent la liberté à celle qui semblera apte à réintégrer la société »… Ce n’est pas le pitch d’une nouvelle émission de télé-réalité, mais la prochaine création de Marion Pellissier et son équipe.

Comme dans Ça occupe l’âme,  le spectateur émerge quelque part entre le Purgatoire dantesque et un panoptique carcéral, à l’heure de la « télé-réalité » – étymologiquement : la réalité de loin.  Avec le projet Les petites filles, Marion Pellissier et sa jeune compagnie continuent leur exploration de l’homo sapiens, cet actrice ou acteur né, animal social engagé dans une odyssée de l’espèce dans laquelle tout un chacun se projette… et projette sur les autres.

SIX FEMMES EN QUÊTE D’AILLEURS

Aglaé, Madelle, Fifi, Marthe, la môme Rosie, Nicole… Ces six jeunes femmes sont enfermées dans un espace qui pourrait être un orphelinat. Et nous, le public, en l’absence totale de quatrième mur, sommes réunis en ce « jour des visiteurs » pour exercer le signe du pouvoir et choisir laquelle de ces filles aura le droit de réintégrer la société humaine. Mais, quand la lumière s’éteint sur nous, signe que le public-protagoniste de la pièce s’est retiré, elles continuent à évoluer sur scène, mais dans un hors-champ de convention, nous permettant à nous, public averti, d’être témoin de changements dans leurs comportements.

Orphelinat ou espace politique, tous les mécanismes de la télé-réalité semblent mis en branle : univers carcéral, vision panoptique relayée dans les angles morts par de la vidéo-surveillance, sujets objectivés par le désir d’être choisis, d’être « prédestinés », d’être l’objet de l’élection du divin public – en réalité deus ex machina d’un pouvoir invisible.

ENTRE SOCIÉTÉ CARCÉRALE…

S’inspirant d’expériences de prisons auto-gérées (des détenus qui en surveillent d’autres), en particulier aux Philippines, Marion imagine une généralisation de ce modèle dans les sociétés de demain, avec non plus des peines définies dans le temps, mais un enfermement indéfini dont la seule issue serait l’élection par un jury citoyen : un public, en fait, qu’il s’agira de convaincre. Ainsi, chacune des filles a sa façon de parler aux jurés, car, malgré l’interdiction, chacune viendra trahir sa parole pour venir parler au public en aparté, se justifier, se vendre. Par ce biais dramaturgique, Marion installe une situation tragique de conflit entre la nécessaire solidarité – sororité – du groupe pour réussir à faire société et sa menace d’éclatement par le système spectaculaire et marchand de la mise en concurrence.

…ET SOCIÉTÉ DU SPECTACLE

Avec ce nouveau projet, la compagnie vise juste et ne dévie pas de sa cible : notre société de l’enfermement et son corollaire, une société du spectacle et du pouvoir invisible. Car, avec l’avènement des sociétés médiatiques, le pouvoir du public (qui vote, houspille et donne la mort) et l’impuissance du public (qui applaudit et rit quand on lui commande) sont les deux faces de notre servitude volontaire. Problématique exacerbée dans la situation existentielle de l’acteur, qui fait évoluer son personnage selon les choix de la production ou du metteur en scène. Le vrai pouvoir, qui décide du dispositif et de la mise en scène de nos vies, reste invisible, hors scène et hors public, aussi transcendant et fuyant que ce monde extérieur que désirent tant les jeunes femmes. Au dehors : la réalité ?

au générique

Texte et mise en scène Marion Pellissier Vidéo Nicolas Doremus et Nicolas Comte Son Thibault Lamy Lumière Jazon Razoux Composition Jean-Baptiste Cognet

Avec Charlotte Daquet, Zoé Fauconnet, Jessica Jargot, Julie Mejean, Savannah Rol et Marie Vires.

 

partenaires

Texte et mise en scène Marion Pellissier
Avec Charlotte Daquet, Zoé Fauconnet, Jessica Jargot, Julie Mejean, Savannah Rol, Marie Vires
Musique Jean-Baptiste Cognet
Vidéo Nicolas Comte, Nicolas Doremus
Lumières Jason Razoux
Son et Régie Générale Thibault Lamy
Administration Caroline Chavrier
Logistique Julien Testard
Direction de production et diffusion Juliette Medelli (Copilote)

Durée estimée 1h45

Production en cours La Raffinerie
Coproduction Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
Avec l’aide à la production de la Région Occitanie.
Avec le soutien du Collectif MxM, de la Gare Franche, du Théâtre de la Vignette de Montpellier, du festival Texte En Cours, de l’ENSAD de Montpellier et du théâtre de Châtillon (soutiens en cours).

contacts / ressources

www.laraffinerie.eu

contact@laraffinerie.eu